Appareil auditif moderne connecté en Bluetooth, transformé en écouteur intelligent, posé sur une surface claire avec un halo lumineux subtil
Publié le 15 mai 2024

Vos aides auditives ne sont plus de simples amplificateurs ; le Bluetooth en fait le centre de contrôle de votre écosystème sonore personnel.

  • Le choix entre boîtier TV et Bluetooth direct détermine la synchronisation parfaite entre son et image, un arbitrage technique crucial.
  • La qualité de vos appels dépend directement du protocole de votre smartphone (MFi pour iPhone, ASHA pour Android), qui agit comme un véritable système d’exploitation.
  • L’autonomie de vos appareils est un choix de vie : l’usage intensif du Bluetooth rend la solution rechargeable quasi indispensable face aux piles classiques.

Recommandation : Pensez chaque choix technologique non comme une contrainte, mais comme un réglage fin de votre expérience d’écoute personnalisée.

Vous avez investi dans des appareils auditifs modernes, et on vous a promis la révolution du Bluetooth. Fini le son de la télévision qui dérange tout le monde, finies les conversations téléphoniques où vous faites répéter votre interlocuteur. La promesse est belle : un son clair, direct, sans effort. Pourtant, dans la pratique, l’expérience est parfois frustrante. Un léger décalage entre les lèvres de l’acteur et sa voix, une qualité d’appel qui semble moins bonne qu’avec le haut-parleur du téléphone, une batterie qui se vide à une vitesse déconcertante… Ces désagréments ne sont pas une fatalité.

La plupart des guides se contentent de lister les fonctionnalités, mais la véritable transformation ne réside pas dans la connexion elle-même, mais dans votre capacité à en maîtriser les rouages. Le Bluetooth ne transforme pas simplement vos aides auditives en écouteurs ; il en fait un véritable système d’exploitation sonore personnel. Comprendre la différence entre un protocole propriétaire et le LE Audio, l’impact d’un codec sur la latence ou la raison pour laquelle un iPhone n’offre pas la même expérience qu’un Android, c’est reprendre le contrôle. C’est passer du statut d’utilisateur passif à celui de pilote de votre propre confort auditif.

Cet article vous donne les clés pour décrypter cette technologie. Nous allons analyser point par point comment optimiser chaque usage : du visionnage de films sans décalage à la gestion intelligente de votre autonomie, en passant par les réglages qui feront de vos appels un moment de confort et non de stress. Vous apprendrez à faire les bons arbitrages techniques pour que vos aides auditives connectées tiennent enfin toutes leurs promesses.

Pour vous guider dans cette optimisation, nous avons structuré cet article autour des questions clés que vous vous posez au quotidien. Chaque section est conçue pour vous apporter une réponse pratique et vous donner les moyens d’agir concrètement sur la qualité de votre écoute.

Boîtier TV ou Bluetooth direct : quelle solution n’a aucun décalage de son ?

Le décalage entre l’image et le son lors du visionnage d’un film est l’une des frustrations majeures du streaming audio. Ce phénomène, appelé latence, est inhérent à la technologie Bluetooth. Pour la plupart des écouteurs sans fil, la latence se situe entre 100 et 300 millisecondes, un délai largement perceptible par le cerveau humain qui gâche l’immersion. Pour une synchronisation parfaite, la latence doit descendre sous les 40 ms, un seuil que le Bluetooth standard peine à atteindre. C’est ici que l’arbitrage technologique entre une connexion directe et l’utilisation d’un boîtier TV (ou « streamer ») devient crucial.

La connexion Bluetooth directe, si votre téléviseur est compatible LE Audio, est la plus simple en apparence. Pas d’accessoire, l’appairage se fait directement. Cependant, sa performance dépend entièrement du codec audio utilisé (le « langage » de compression du son). Sans un codec à faible latence comme l’aptX Low Latency ou le LC3, le décalage restera présent. Le boîtier TV, lui, utilise une approche différente. Il se branche sur votre téléviseur et transmet le son à vos aides auditives via un protocole radio propriétaire (souvent sur la bande 2,4 GHz), optimisé spécifiquement pour une latence minimale.

Le tableau suivant résume les avantages et inconvénients de chaque solution pour vous aider à faire le bon choix en fonction de votre usage principal.

Comparaison entre boîtier TV et Bluetooth direct pour les aides auditives
Critère Boîtier TV (2,4 GHz propriétaire) Bluetooth direct (BLE / LE Audio)
Latence typique 15–30 ms 40–200 ms (selon codec)
Fidélité sonore brute Élevée (bande passante dédiée) Variable (dépend du codec SBC, AAC, LC3)
Nécessité d’un accessoire Oui (boîtier connecté à la TV) Non (connexion directe smartphone/TV compatible)
Portée moyenne 10–15 m 10 m (Bluetooth classique) / jusqu’à 100 m (Auracast)
Consommation énergie aide auditive Modérée Faible (BLE optimisé)
Idéal pour Visionnage TV, dialogue, films Musique, appels, usage polyvalent

En clair, si votre priorité absolue est de regarder la télévision sans aucun décalage, le boîtier TV dédié à votre marque d’appareil auditif est une solution quasi infaillible. Pour un usage plus polyvalent et nomade, le Bluetooth direct reste pertinent, à condition d’accepter une potentielle latence lors du visionnage vidéo.

iPhone ou Android : pourquoi la qualité d’appel varie-t-elle selon votre smartphone ?

Vous avez peut-être remarqué une différence de stabilité ou de qualité audio en connectant vos aides auditives à un iPhone par rapport à un smartphone Android. Cette variation n’est pas une coïncidence ; elle provient de deux philosophies technologiques concurrentes qui agissent comme de véritables systèmes d’exploitation pour vos appareils : le protocole MFi (Made for iPhone) d’Apple et le protocole ASHA (Audio Streaming for Hearing Aids) de Google pour Android.

Le protocole MFi d’Apple a été le pionnier, offrant une intégration native et très stable. Il permet un streaming audio direct et un contrôle des aides auditives depuis le menu d’accessibilité de l’iPhone, sans nécessiter d’accessoire intermédiaire. Cet écosystème fermé garantit une expérience utilisateur fluide et homogène, car Apple contrôle à la fois le matériel et le logiciel. De l’autre côté, le protocole ASHA pour Android est plus ouvert, mais son adoption a été plus fragmentée. Pendant longtemps, de nombreux modèles Android, même haut de gamme, nécessitaient un « streamer » (un petit boîtier intermédiaire) pour connecter les aides auditives, ce qui pouvait introduire de la latence ou de l’instabilité, surtout dans des environnements saturés en ondes Wi-Fi et Bluetooth.

Deux smartphones côte à côte avec des ondes sonores stylisées se dirigeant vers une paire d'appareils auditifs, illustrant les différences de connectivité

Comme l’illustre la connectivité sans fil, le chemin du son n’est pas toujours le même. Aujourd’hui, de plus en plus de fabricants Android intègrent nativement le protocole ASHA, et des marques d’aides auditives comme Phonak ont développé leurs propres solutions pour une connectivité universelle. Cependant, la grande diversité de matériel et de versions logicielles sous Android peut encore entraîner des variations de performance. Le choix de votre smartphone est donc un paramètre aussi important que le choix de vos aides auditives pour garantir une expérience de streaming optimale.

Régler ses graves et aigus soi-même : gadget ou véritable outil de confort ?

Toutes les applications pour appareils auditifs modernes proposent un égaliseur permettant d’ajuster les basses, les médiums et les aigus. À première vue, c’est une fonctionnalité séduisante qui donne le sentiment de reprendre le contrôle sur son audition. Cependant, face à la puissance des technologies d’intelligence artificielle (IA) intégrées, ce réglage manuel s’apparente souvent plus à un gadget qu’à un véritable outil d’optimisation. En effet, les aides auditives de dernière génération ne se contentent plus d’amplifier le son ; elles l’analysent et l’adaptent en temps réel à une vitesse surhumaine.

Certains systèmes, par exemple, sont capables de réaliser jusqu’à 55 millions d’ajustements automatiques par heure grâce à une IA couplée à des capteurs de mouvement et à une analyse continue de l’environnement sonore. Ces algorithmes sont entraînés sur des millions de scènes acoustiques pour savoir distinguer une voix dans le brouhaha d’un restaurant, le son d’une voiture qui approche, ou la musique d’un concert. Tenter de rivaliser avec cette capacité d’analyse en ajustant manuellement quelques curseurs est souvent contre-productif.

Étude de cas : La supériorité de l’IA sur le réglage manuel

Des plateformes comme Edge AI de Starkey ont démontré que leurs algorithmes offraient une identification de la parole plus précise de 30 % dans les environnements bruyants. Plus impressionnant encore, l’IA parvient à obtenir une réduction du bruit ambiant allant jusqu’à 13 dB, même pour des sons imprévisibles comme une porte qui claque. Ces résultats montrent que l’hyper-personnalisation sonore effectuée en continu par la machine surpasse largement les ajustements impulsifs que peut réaliser un utilisateur via son application, qui ne réagit qu’à un instant T et sans une analyse complète de la scène sonore.

Le véritable outil de confort n’est donc pas l’égaliseur manuel, mais la qualité de l’IA embarquée dans vos appareils. Votre rôle n’est plus de « bricoler » le son, mais de choisir, avec votre audioprothésiste, les programmes d’écoute (Restaurant, Musique, Extérieur) les plus pertinents pour votre mode de vie. L’IA se chargera ensuite d’optimiser l’expérience à l’intérieur de chaque programme, bien mieux que vous ne pourriez le faire manuellement.

L’erreur de laisser le Bluetooth activé 24h/24 si vous avez des piles classiques

Le Bluetooth est une technologie formidable, mais elle est aussi très énergivore. Pour les porteurs d’appareils auditifs fonctionnant avec des piles zinc-air classiques, laisser la connexion Bluetooth activée en permanence est une erreur coûteuse qui peut drastiquement réduire l’autonomie. En effet, une connexion Bluetooth active peut réduire l’autonomie de ces piles de 30 %. Sachant qu’un utilisateur appareillé consomme déjà en moyenne 150 piles par an, ce surcoût n’est pas négligeable, tant pour le portefeuille que pour l’environnement.

Les piles zinc-air fonctionnent par oxydation : elles s’activent au contact de l’air une fois que la petite languette colorée est retirée. Leur durée de vie dépend de leur taille (identifiée par un code couleur) et de la consommation de l’appareil. Le streaming audio via Bluetooth est l’une des fonctions qui consomment le plus. Une heure de streaming peut équivaloir à plusieurs heures d’utilisation normale. Laisser la connexion active « au cas où » un appel arriverait revient donc à vider prématurément vos piles.

Gros plan sur des piles zinc-air pour appareils auditifs avec leurs languettes colorées, illustrant le mécanisme d'oxydation à l'air libre

Le tableau ci-dessous illustre concrètement l’impact financier et pratique de cet usage sur les différents types de piles. Il met en évidence le compromis à faire entre confort de la connectivité permanente et gestion rigoureuse de l’autonomie.

Piles zinc-air : autonomie par taille avec et sans Bluetooth
Taille de pile (couleur) Autonomie sans Bluetooth Autonomie estimée avec Bluetooth actif (-30 %) Coût annuel estimé (Bluetooth permanent, 2 oreilles)
Pile 10 (jaune) 3 à 5 jours 2 à 3,5 jours ~200 € à 350 €
Pile 312 (marron) 4 à 7 jours 3 à 5 jours ~130 € à 220 €
Pile 13 (orange) 7 à 9 jours 5 à 6 jours ~80 € à 130 €
Pile 675 (bleu) 7 à 9 jours 5 à 6 jours ~80 € à 130 €

La meilleure pratique est donc de n’activer le Bluetooth sur votre smartphone et vos aides auditives que lorsque vous en avez réellement besoin (pour un appel, écouter de la musique ou un podcast). Le reste du temps, le désactiver prolongera significativement la durée de vie de vos piles.

Qu’est-ce que la technologie Auracast va changer dans les lieux publics d’ici 2 ans ?

Imaginez entrer dans un aéroport et voir la liste des annonces pour les portes d’embarquement s’afficher sur votre smartphone, vous permettant de sélectionner et d’entendre uniquement celle qui vous concerne, directement dans vos aides auditives. Ou assister à une conférence internationale et choisir, depuis votre téléphone, d’écouter la traduction en français plutôt que l’orateur original. Ce n’est pas de la science-fiction, mais la promesse d’Auracast™, une nouvelle fonctionnalité du standard Bluetooth LE Audio qui s’apprête à révolutionner l’accessibilité sonore dans les lieux publics.

Auracast fonctionne un peu comme un « Wi-Fi pour l’audio ». Un appareil source (une TV dans un bar sportif, le système de sonorisation d’une gare, un écran d’information) peut diffuser un ou plusieurs flux audio. Les utilisateurs à proximité, équipés d’appareils compatibles (smartphones, écouteurs, aides auditives), peuvent alors scanner les diffusions disponibles et se connecter à celle de leur choix. Cette technologie promet une hyper-personnalisation sonore, offrant non seulement un son plus clair et sans bruit de fond, mais aussi des options multilingues ou des commentaires audio dédiés. Avec des projections annonçant près de 3 milliards d’appareils compatibles Bluetooth LE Audio dans les prochaines années, le déploiement s’annonce massif.

Étude de cas : Auracast en action au congrès EUHA 2025

Lors du congrès européen des audioprothésistes (EUHA) à Nuremberg, la technologie Auracast a été déployée en conditions réelles. Les conférences scientifiques étaient diffusées en mode silencieux dans la salle, et les participants équipés d’appareils compatibles pouvaient choisir de recevoir le son de l’orateur en allemand ou sa traduction simultanée en anglais. Cette expérience grandeur nature a démontré le potentiel d’Auracast pour créer des environnements sonores inclusifs et personnalisés.

Cette technologie vient compléter, et non remplacer, les systèmes existants comme la boucle à induction magnétique (BIM). Comme le souligne un expert, la flexibilité et la rapidité de déploiement d’Auracast sont des atouts majeurs.

La boucle magnétique reste efficace, notamment parce qu’elle ne nécessite pas de récepteur individuel si l’aide auditive est compatible. Mais elle est plus longue à installer. Auracast, à l’inverse, est plus rapide à déployer et plus flexible.

– Maurice Goyon, AVITSAM, installateur expert en accessibilité auditive – Fondation pour l’Audition

D’ici deux ans, attendez-vous à voir le logo Auracast apparaître dans les gares, les aéroports, les salles de sport, les musées et les cinémas, transformant radicalement la manière dont vous interagissez avec le monde sonore qui vous entoure.

Rechargeable ou piles : quelle solution d’énergie garantit la meilleure autonomie pour votre mode de vie ?

Le choix entre des appareils auditifs à piles jetables (zinc-air) et des modèles rechargeables (lithium-ion) est un arbitrage fondamental qui impacte votre budget, votre confort quotidien et votre empreinte écologique. Avec l’avènement du streaming Bluetooth, qui consomme beaucoup d’énergie, cette décision devient encore plus stratégique. Il n’y a pas de « meilleure » solution universelle, mais une solution plus adaptée à votre mode de vie.

Les piles jetables offrent une grande flexibilité : si vos appareils sont à court d’énergie, il suffit de remplacer les piles en quelques secondes. Elles sont idéales pour les personnes qui voyagent souvent dans des zones sans accès facile à l’électricité ou qui souhaitent une tranquillité d’esprit absolue face aux coupures de courant. Leur inconvénient majeur est la manipulation, qui peut être difficile pour les personnes ayant des problèmes de dextérité, ainsi que le coût et l’impact environnemental à long terme. À l’inverse, les batteries rechargeables offrent une simplicité d’utilisation inégalée : il suffit de poser les appareils sur leur chargeur chaque nuit. C’est la solution la plus économique à terme et la plus écologique, car une batterie rechargeable remplace plus de 600 piles jetables sur la durée de vie d’un appareil.

Cependant, la technologie rechargeable a ses propres contraintes. Une charge complète offre généralement entre 20 et 30 heures d’autonomie, ce qui est suffisant pour une journée, mais peut être limitant en cas d’imprévu. De plus, les batteries lithium-ion sont sensibles au froid, pouvant perdre une partie de leur capacité par basses températures. Le tableau suivant détaille les points clés pour vous aider à peser le pour et le contre.

Comparaison piles zinc-air jetables vs batteries rechargeables lithium-ion
Critère Piles zinc-air jetables Batteries rechargeables lithium-ion
Autonomie par cycle 3 à 14 jours (selon taille) 20 à 30 heures par charge complète
Temps de rechargement Remplacement instantané 3 à 7 heures (charge complète)
Durée de vie totale Illimitée (par renouvellement) 4 à 5 ans (500-1000 cycles)
Coût annuel estimé ~60 € à 220 € (selon taille et usage Bluetooth) Inclus dans le prix de l’appareil (chargeur souvent fourni)
Impact environnemental ~150 piles/an par personne (pollution zinc, mercure résiduel) 1 batterie pour 4-5 ans (lithium polluant à produire)
Résilience (coupure électrique) Excellente (stock de piles suffit) Limitée à 24-30h sans prise
Sensibilité au froid Faible (performances stables) Perte de 30-40 % de capacité sous 10 °C
Manipulation requise Dextérité fine nécessaire Simple (poser sur le chargeur)

En résumé, si vous êtes un utilisateur intensif du streaming Bluetooth et que vous privilégiez la simplicité et l’économie à long terme, la solution rechargeable est presque incontournable. Si vous recherchez une autonomie maximale et une indépendance totale vis-à-vis des prises électriques, les piles restent une option viable, à condition de gérer activement votre consommation Bluetooth.

Ce choix structure votre expérience quotidienne. Prenez le temps d’évaluer quelle solution énergétique correspond le mieux à vos habitudes.

Comment téléphoner confortablement quand on entend mal les voix compressées ?

Recevoir ses appels directement dans ses aides auditives est l’une des grandes promesses du Bluetooth. Pourtant, l’expérience est parfois décevante : la voix de l’interlocuteur semble métallique, lointaine ou « compressée ». Ce phénomène est dû à la fois à la compression audio des réseaux mobiles (même avec la HD Voice) et à la manière dont les aides auditives traitent ce signal. La bonne nouvelle est qu’il ne s’agit pas d’une fatalité. En devenant un utilisateur averti, vous pouvez optimiser les réglages pour transformer la « signature vocale » de vos appels et retrouver un confort d’écoute optimal.

Le secret réside dans une configuration en plusieurs étapes, qui va au-delà du simple appairage Bluetooth. Il s’agit de prendre le contrôle de la manière dont le son entre et sort de votre écosystème auditif. Par exemple, utiliser le micro de votre smartphone pour parler tout en recevant le son dans vos aides est souvent plus efficace que de compter sur les micros de vos prothèses, qui peuvent capter trop de bruit ambiant. De même, créer un programme d’écoute dédié à la téléphonie dans votre application vous permet d’ajuster finement les fréquences pour maximiser l’intelligibilité de la parole.

Voici une checklist pratique pour optimiser la qualité de vos appels et dire adieu aux voix compressées.

Votre plan d’action pour des appels cristallins

  1. Activer le streaming direct : Vérifiez que vos aides auditives sont bien appairées en Bluetooth (MFi pour iPhone, ASHA pour Android) pour recevoir la voix directement dans vos appareils, sans passer par le haut-parleur du téléphone.
  2. Configurer le double flux asymétrique : Utilisez le micro de votre smartphone pour transmettre votre voix (en tenant le téléphone à 20-30 cm de votre bouche) tout en recevant le son via les aides auditives. C’est souvent le meilleur compromis.
  3. Créer un profil « Téléphonie » dédié : Via votre application (Signia App, myPhonak, etc.), créez un programme qui booste sélectivement les fréquences de l’intelligibilité vocale (typiquement entre 2000 et 4000 Hz) et réduit les basses.
  4. Vérifier l’activation de la HD Voice (VoLTE) : Assurez-vous dans les paramètres réseau de votre smartphone que l’option « Appels 4G » ou « VoLTE » est bien activée pour bénéficier de la meilleure qualité de réseau possible.
  5. Ajuster la réduction de bruit : Pendant un appel, une réduction de bruit trop agressive peut parfois dégrader la voix. Testez en la diminuant temporairement depuis votre application pour voir si la qualité perçue par votre interlocuteur s’améliore.

En parallèle, les fabricants continuent d’améliorer leurs algorithmes. Des études montrent que les nouvelles générations d’appareils dotés d’IA améliorent significativement l’écoute. Par exemple, 64 % des patients appareillés avec la technologie ReSound Vivia rapportent une meilleure expérience, grâce à des puces entraînées sur des millions de phrases parlées pour mieux isoler la voix.

À retenir

  • Pour la télévision, la latence est l’ennemi numéro un. Un boîtier TV propriétaire offre une synchronisation son/image quasi parfaite, là où le Bluetooth direct reste un compromis.
  • La performance de vos appels dépend du « couple » que forment vos aides auditives et votre smartphone. L’écosystème fermé d’Apple (MFi) offre souvent une expérience plus stable et prévisible que l’écosystème ouvert d’Android (ASHA).
  • L’autonomie est un arbitrage crucial. L’usage intensif du Bluetooth rend la solution rechargeable presque indispensable, les piles jetables montrant rapidement leurs limites en termes de coût et de durée.

Test de dépistage vs diagnostic médical : quelle différence et par où commencer ?

Avec la démocratisation des technologies auditives, il est tentant de s’auto-évaluer avec un des nombreux tests de dépistage disponibles en ligne ou via des applications. C’est une excellente première étape pour prendre conscience d’une éventuelle perte auditive. Cependant, il est crucial de comprendre la différence fondamentale entre un test de dépistage et un diagnostic médical réalisé par un professionnel. Le premier est une alerte, le second est une mesure précise indispensable à tout appareillage.

Un test de dépistage, réalisé dans un environnement non contrôlé (chez vous, avec des écouteurs de qualité variable), donne une indication générale. Il peut vous dire « vous semblez avoir des difficultés à entendre les sons aigus », mais il ne peut pas quantifier précisément votre perte. Il ne remplace en aucun cas un diagnostic. Le diagnostic auditif (ou audiogramme tonal et vocal) est un acte médical réalisé par un médecin ORL, puis complété par un audioprothésiste dans une cabine insonorisée avec du matériel calibré. Il mesure précisément vos seuils d’audition pour chaque oreille, sur différentes fréquences, et évalue votre capacité à comprendre la parole dans le bruit. C’est cette carte d’identité de votre audition qui permettra à l’audioprothésiste de régler vos appareils de manière thérapeutique et personnalisée.

Intérieur épuré d'une cabine d'audiométrie professionnelle avec un casque posé sur un support, évoquant le diagnostic médical de l'audition

Le parcours de soin officiel commence donc toujours par une consultation chez un médecin ORL. C’est cette prescription qui ouvre droit à un appareillage et à son remboursement. En France, le soutien à l’accès aux soins est d’ailleurs en constante augmentation, avec plus de 400 millions d’euros de remboursements par l’Assurance maladie prévus pour les aides auditives en 2025. Ignorer ce parcours et se fier uniquement à un dépistage ou à des appareils pré-réglés achetés en ligne, c’est prendre le risque d’un appareillage inefficace, voire d’une dégradation non détectée de son audition.

Le rôle de la technologie est de vous accompagner, pas de remplacer l’expertise médicale. Les données collectées par vos appareils (temps d’utilisation, environnements sonores fréquentés) sont d’ailleurs de précieuses informations que votre audioprothésiste utilisera pour affiner vos réglages lors des visites de suivi.

Questions fréquentes sur la transformation des appareils auditifs grâce au Bluetooth

Un test de dépistage auditif en ligne peut-il remplacer un diagnostic médical ?

Non. Un test en ligne réalisé dans un environnement non contrôlé (réverbération, bruit de fond, qualité variable des écouteurs) ne peut pas évaluer correctement votre perte auditive, notamment aux fréquences graves essentielles pour la localisation spatiale. Le diagnostic en cabinet audiologique, réalisé dans une cabine insonorisée avec du matériel calibré, reste indispensable pour un ajustement thérapeutique précis.

Les appareils auditifs modernes collectent-ils des données de santé utilisables pour un dépistage ?

Oui. Les aides auditives de dernière génération intègrent des capteurs de santé qui collectent des données objectives : temps d’exposition sonore, activité sociale via le nombre d’heures de parole détectées, nombre de pas, et même détection de chutes. Ces données constituent un pré-diagnostic quantitatif qui peut alerter l’utilisateur et son audioprothésiste sur une évolution de la perte auditive.

Peut-on régler soi-même ses aides auditives via une application sans passer par un audioprothésiste ?

Les applications permettent des ajustements de confort (volume, programmes d’écoute, graves/aigus) mais la législation européenne sur les dispositifs médicaux (MDR) interdit aux applications de proposer des réglages thérapeutiques sans prescription d’un audioprothésiste. Contourner cette règle expose à une dégradation progressive de l’audition non détectée médicalement.

Votre expérience auditive ne dépend plus seulement de votre oreille, mais des technologies que vous choisissez et de la manière dont vous les configurez. Chaque arbitrage, du choix de votre smartphone à celui de votre source d’énergie, façonne votre confort quotidien. Devenir un utilisateur expert de votre propre écosystème sonore est la clé pour que la technologie tienne toutes ses promesses. Pour faire le bon arbitrage et configurer votre système sonore personnel de manière optimale, une évaluation par un audioprothésiste est l’étape incontournable qui alliera votre besoin à la meilleure solution technique.

Rédigé par Thomas Bertrand, Ingénieur acousticien et expert en prévention des risques sonores, spécialiste de la physique du son et des technologies de protection individuelle.